MADAME RÉCAMIER

MADAME RÉCAMIER

MADAME RÉCAMIER

Peintures
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MADAME RÉCAMIER
Artiste(s): 
France
(1748-1825)
Graveur(s): 
Jacquet Jules
France
(1841-1913)

ORIGINE ET DATE:

1877
LIEU DE CONSERVATION DE L'ORIGINAL: 
Technique: 
eau-forte, burin

DIMENSIONS:

Plaque de cuivre : H.
40,2 cm
; L.
48,3 cm
Feuille : H.
50 cm
; L.
65 cm
NUMERO D'INVENTAIRE MUSEE: 
936
REFERENCE RMN-GP: 
KM000936
PRIX DE VENTE: 
85,00 € TTC
Tirage illimité, ni justifié ni signé, en noir.

Fille d'un notaire promu conseiller de Louis XVI, Jeanne Bernard (qui se fait appeler Juliette) épouse en 1793, à quinze ans, le banquier Jacques-Rosé Récamier, lyonnais lui aussi, dont la fortune est due aux saisies révolutionnaires et aux tripots du Directoire. Madame Récamier représente la « nouvelle société » issue du coup d'Etat. Symbole même de l'ascension sociale, c'est l'image de la grande bourgeoisie, l'image d'un monde neuf, sans origines.Au moment où David exécute son portrait, Juliette Récamier a 23 ans. Célèbre pour sa beauté et son esprit, elle réunit la brillante société parisienne dans son hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc. Bientôt considéré comme l'un des principaux foyers de l'opposition au Premier consul Bonaparte, son salon est fermé en 1803 sur ordre du gouvernement. David réalise un portrait sans décor ni artifice. Il s'agit d'un portrait idéal d'une époque qui s'exprime à travers une simplicité recherchée, un goût raffiné ; un portrait à la psychologie subtile et peint un tableau au « singulier mélange de réalisme et d'idéal », selon Delacroix. Par la volonté du peintre, le tableau demeure inachevé. Malgré les raisons qui ont poussé David à dire à sa commanditaire : « Madame, les femmes ont leurs caprices, les artistes aussi. Laissez-moi satisfaire le mien. Je laisse votre portrait dans l'état où il se trouve », le portrait est parfait et son inachèvement même est devenu esthétique.Elève de Boucher, Jacques-Louis David entre en 1766 dans l'atelier de Joseph-Marie Vien, peintre célèbre à l'époque pour son retour à l'antique. Il tente trois fois le prix de Rome avant de le remporter en 1774 avec Erasistrate découvrant la cause de la maladie d'Antiochus. C'est à Rome qu'il va vraiment se passionner pour l'art antique. De retour à Paris, en 1784, il exécute pour le comte d'Angiviller Le Serment des Horaces, où l'on peut voir un retour à la peinture classique à la Poussin, mais quelque chose aussi de plus rigide : la peinture doit illustrer un certain nombre d'exemples tirés des récits romains : l'amour de la patrie, l'héroïsme individuel. C'est pourquoi il devient le peintre officiel de la Révolution et de ses idéaux romains. Il est même engagé en politique, puisqu'il est membre de la Convention et ami de Robespierre.Cela n'empêchera pas David de rester le peintre officiel de l'Empire, puisqu'il est chargé de peindre le Sacre de Napoléon. Il sera le maître de toute une génération d'artistes, de Gros à Ingres en passant par Girodet. Il ne reste pas à Paris au moment de la Restauration et s'exile à Bruxelles, où il continue dans la peinture inspirée de l'Antiquité, mais de manière moins didactique.Graveur au burin et aquafortiste, Jules Jacquet fut élève d'Henriquel-Dupont. Prix de Rome en 1866, il expose au Salon à partir de 1903. Il fut nommé professeur de gravure à l'Ecole des Beaux-Arts. La reproduction en gravure du tableau de Madame Récamier de David a été réalisée pour la Chalcographie du Louvre en 1877.