LA BELLE JARDINIÈRE

LA BELLE JARDINIÈRE

LA BELLE JARDINIÈRE

Peintures
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LA BELLE JARDINIÈRE
Italie
(1483-1520)
France
(1779-1857)

ORIGINE ET DATE:

1801
LIEU DE CONSERVATION DE L'ORIGINAL: 
Technique: 
eau-forte, burin

DIMENSIONS:

Plaque de cuivre : H.
55,3 cm
; L.
37 cm
Feuille : H.
76 cm
; L.
56 cm
NUMERO D'INVENTAIRE MUSEE: 
504
REFERENCE RMN-GP: 
KM000504
PRIX DE VENTE: 
85,00 € TTC
Tirage illimité, ni justifié ni signé, en noir.

Deux documents particulièrement intéressants retracent l’historique de cette pièce majeure de la Chalcographie, meilleure vente de l’an XII et de l’an XIII. Le 4 Vendémiaire, an X, l’Administration du Musée Central des Arts fait savoir au Citoyen Desnoyers, graveur : “ L’administration agrée, Citoyen, l’offre que vous lui faites de faire un dessin d’après le tableau de Raphaël La Belle Jardinière et de le graver, si il réussit les suffrages des artistes membres de la commission du musée, pour la Chalcographie. L’administration vous procurera toutes les facilités nécessaires pour exécuter ce dessin, et vous invite à vous entendre avec le citoyen Morel sur la grandeur à lui donner, afin que si vous le gravez, il puisse servir de pendant à quelques unes des planches d’après Raphaël que possède l’établissement. ”Le Six Brumaire, an X, toujours au Citoyen Desnoyers, graveur : “ l’Administration a examiné avec attention, citoyen, le Dessin que vous avez fait d’après le tableau de Raphaël nommé La Belle Jardinière. Elle consent volontiers à ce que vous le graviez pour la Chalcographie du Musée. Vous demandiez pour l’exécution de cette planche la somme de 6.000 francs, l’Administration vous les accorde et vous invite à passer au bureau pour contracter les engagements auxquels vous vous astreindrez envers elle, et elle envers vous ”.Pièce emblématique de la politique de commande de Foubert, la Belle Jardinière s’impose comme une œuvre dont la technique du burin appartient pleinement au XVIIIème siècle. Le mœlleux de la taille, les doux accents soulignant la perfection gracieuse des modelés de Raphaël, enfin l’apaisement de la représentation, tout concourt dans cette œuvre de Boucher-Desnoyers à défendre l’idée selon laquelle la gravure au burin est le moyen parfait de transcription des œuvres peintes. Gravée dans le sens du tableau dont elle respecte la forme cintrée, cette composition de Boucher Desnoyers rappelle la gravure de Gilles Rousselet (Paris, 1610- id. 1686) qui trahissait en quelque sorte l’original de Raphaël par une interprétation poétique du décor et de la végétation. On a reproché souvent à notre artiste, l’un des plus grands talents des burinistes de la fin du XVIIIme siècle, sa sécheresse et sa froideur. De fait, la gloire de Boucher-Desnoyers, est essentiellement liée à l’interprétation au burin des œuvres de ses contemporains, et de Gérard en particulier. Le graveur fut nommé membre de l’Institut en 1816, fait chevalier de Saint-Michel, nommé premier graveur du Roi, puis fait Baron en 1828. Il fut aussi Conseiller des Musées royaux, Chevalier de la Légion d’Honneur en 1820, officier en 1846. Les archives font état (c22 1817 5 juin) d’un paiement “ à faire à M. Boucher-Desnoyers pour la retouche de la plaque de la Belle Jardinière ”. La plaque fut en effet considérablement tirée durant les premières années de son intégration dans les collections de la Chalcographie, et il est loisible de penser que le propre graveur, alors au fait de sa gloire, souhaita intervenir lui-même sur son œuvre pour en préserver la virtuosité, commune à la plupart de ses compositions d’après Raphaël. Cette célébrité méritée, aujourd’hui annulée par l’oubli dans lequel sont tombés la plupart des graveurs d’interprétation au burin, se présente comme une revanche de l’artiste sur son passage assez difficile dans l’atelier de Darcis (pour la Gravure) puis de Léthière (pour le dessin) sous le Directoire. La maîtrise du burin, Boucher-Desnoyers l’acquiert lors de son passage chez Tardieu. Ainsi en atteste incontestablement l’évolution stylistique du graveur, depuis le prix qu’il reçut au salon de 1799 pour son Vénus désarmant l’amour, d’après un dessin par Henri, du tableau de Robert Lefèvre, jusqu’à la réalisation de cette première commande pour la Chalcographie. L'art de ses dernières années prépare néanmoins la sécheresse académique de la seconde moitié du XIXème siècle. En bas à gauche : Raphaël Pinxit., au centre : Déposé à la Bibliothèque, à droite : Aug. Desnoyers Delt. & Sculpt. An II.Dessous centré : LA VIERGE DITE LA BELLE JARDINIERE. // Dédiée à M. D.V. Denon, Directeur Général du Musée Napoléon, & Membre de // la Légion d’Honneur et de l’Institut National de France.Au dessous à gauche : Se vend à la Chalcographie du Musée Napoléon, à droite : Par Son très humble Serviteur // Auguste Boucher Desnoyers.En bas au centre : Imprimé par Ramboz.