La Description de l'Egypte

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Tirée de la Description de l’Égypte, cette estampe dévoile le paysage de Memphis vers 1799. La tête du Sphinx, dont le corps est alors ensablé, émerge du désert. Au fond se détache la silhouette d’une des pyramides de Gizeh. S’abritant du soleil à l’ombre du Sphinx, quelques personnages contemplent le monument. La forme du couvre-chef de l’un d’eux, un bicorne, laisse deviner sa nationalité française.

 

Friedrich Schroeder, d’après Nicolas-Jacques Conté, Memphis, vue du sphinx et de la grande pyramide, gravure de la Description de l’Égypte, eau-forte et burin, vers 1805-1812, Chalcographie du Louvre.

 

Cette estampe est l’une des plus célèbres planches de la Description de l’Égypte, formidable aventure éditoriale et scientifique du début du XIXe siècle.

L’échec d’une campagne militaire et le succès d’une aventure scientifique

Engagée en 1798 par le jeune général Bonaparte, la campagne d’Égypte, destinée à coloniser le pays, se solde par un échec militaire cuisant. Aux côtés des troupes armées, Bonaparte fait embarquer 167 savants, ingénieurs et artistes, chargés d’étudier les différents aspects de l’Égypte.

Dès février 1802, la publication de leurs travaux est ordonnée. C’est ainsi que naît la Description de l’Égypte, illustrée de près de 900 planches gravées. L’édition, confiée à l’Imprimerie Impériale, est achevée en 1822 après vingt années de travail.

Si les relevés des monuments antiques forment la partie la plus célèbre de la Description de l’Égypte, l’ouvrage s’attache également à décrire la faune et la flore du pays. Plusieurs volumes sont consacrés à l’Égypte moderne.

Un trésor de la Chalcographie du Louvre

Grande entreprise éditoriale, la Description de l’Égypte a contribué à la naissance de l’Égyptomanie et de l’Égyptologie. Les estampes, comme celle représentant Le Sphinx, nous livrent une image très fidèle des monuments antiques, dont certains ont depuis été très endommagés, quand ils n’ont pas tout simplement disparu. D’autres planches gravées, qui décrivent les monuments islamiques, la faune et la flore, les métiers et les techniques agricoles forment un témoignage précieux de l’Égypte moderne de la fin du XVIIIe siècle.

Ces planches gravées, par leur qualité technique et leurs dimensions, forment également un monument de l’histoire de l’estampe. Elles ont nécessité le travail de plus de 294 graveurs et la construction de presses de dimensions inusitées jusqu’alors. Pour accélérer l’exécution des cuivres, Nicolas-Jacques Conté a mis au point notamment une machine permettant de graver mécaniquement les ciels.

Depuis 1866, les matrices originales sont conservées par la Chalcographie du Louvre, qui en assure la préservation et l’impression.