La création contemporaine

La commande contemporaine à la Chalcographie du Louvre


Depuis sa fondation en 1797, la commande d’estampes auprès de graveurs est dans l’ADN de la Chalcographie du Louvre. C’est à la fois un moyen d’enrichir les collections tout en soutenant la vitalité de l’art de l’estampe.
Cette tradition, qui s’est essouflée au cours du XXe siècle, se réanime dans les années 1990 par une ambitieuse politique de commandes publiques auprès d’artistes contemporains.

Au XIXe siècle, les commandes de nouvelles plaques gravées portent surtout sur des gravures d’interprétation d’après les tableaux du Musée du Louvre. Au siècle suivant, plusieurs artistes contemporains entrent dans la collection par divers biais mais c’est surtout depuis 1990 que la Chalcographie s’est tournée résolument vers l’estampe originale. Les artistes contemporains invités sont laissés libres du choix du sujet comme de la technique, tant qu’elle relève de la taille-douce. Tout au long de la réalisation de la matrice, les artisans d’art de la Chalcographie apportent toute leur expertise aux artistes.
En vingt-cinq ans, la Chalcographie s’est enrichie d’œuvres d’artistes de réputation internationale, comme Louise Bourgeois, Georg Baselitz, Geneviève Asse, Pierre Alechinsky, Kiki Smith ou encore JR.

JR, Le Louvre revu par JR
Héliogravure, 2016, Chalcographie du Louvre

JR, Le Louvre revu par JR, héliogravure, 2016, Chalcographie du Louvre

Sensibles à la riche et longue histoire de la Chalcographie, certains artistes ont souhaité dialoguer avec cette collection, à l’instar de Jean-Michel Alberola, qui, renouant avec la tradition de la gravure d’interprétation, produit une aquatinte d’après Le Repas des paysans des frères Le Nain. Markus Raetz, marqué par l’excellence des burins de Nanteuil et Mellan pour le Cabinet du Roi, se lance dans une exploration de cette technique, considérée comme la plus noble de l’estampe. Quant à Arnulf Rainer, il créé une gravure à la pointe sèche destinée à être imprimée en superposition sur une estampe du XVIIsiècle figurant le Palais du Louvre.

Arnulf Rainer, Vue du Louvre et de la Grande Galerie
Pointe sèche surimprimée sur un cuivre de Daumont, 1992, Chalcographie du Louvre

Arnulf Rainer, Vue du Louvre et de la Grande Galerie, pointe sèche surimprimée sur un cuivre de Daumont, 1992, Chalcographie du Louvre


Les estampes produites dans le cadre de ces commandes publiques ont vocation à être imprimées autant de fois que la matrice le permettra, sans limitation de tirage ni signature. Ce principe, qui va à rebours des pratiques du marché de l’art contemporain, perpétue la tradition de diffusion propre à la Chalcographie du Louvre. De façon tout à fait originale, il permet de commercialiser à des prix accessibles pour tous des estampes créées par des artistes de renom international.
 

Kiki Smith, Nocturne, eau-forte
Pointe sèche et aquatinte, 2006, Chalcographie du Louvre

Kiki Smith, Nocturne, eau-forte, pointe sèche et aquatinte, 2006, Chalcographie du Louvre.